14 octobre 2007

Comment envoyer la Cène de Léonard de Vinci par MMS

Voici une vidéo/démo d'un des trucs les plus formidables que j'ai pu voir ces derniers temps (et dieu sait que j'en vois des choses formidables).


Content aware Image resizing
Uploaded by balr0g

Ce qui me fascine le plus c'est la hierarchisation des personnes présentes sur l'image tel qu'il est montré à la fin du film. Ca veut dire que par exemple sur la photo du gouvernement sur le perron de l'Elysée on pourra hierarchiser l'importance des ministres et des secrétaires d'état et selon l'espace disponible on pourra en afficher plus ou moins. Y aura t-il un protocole des photos ?

Je ne peux m'empécher de penser au Ministère de la Vérité de 1984 où Winston efface sur les photos l'existence de gens tombés en disgrace.

22 juillet 2007

De l’incidence de l’incompatibilité Java/Firefox 2 sur le prix des vols d’Air France et le Diabète

Petite aventure véritable qui vient de m’arriver et que je ne peux que vous narrer ici.

Je voulais réserver trois billets pour une destination qui n’est pas particulièrement recherchée en ce moment (Beyrouth, allez savoir pourquoi).

Je vais sur AirFrance.fr. Je choisis mes vols, on m’annonce le prix : 1064 Euros par billet. Je complète le formulaire et découvre que je peux choisir mes sièges. Je clique sur le lien, une fenêtre s’ouvre qui essaye de charger quelque chose. Au bout de quelques minutes je comprends que le quelque chose que Firefox essaye de charger ne viendra jamais. Je ferme la fenêtre. Firefox plante.

Je rouvre Firefox, je reviens sur AirFrance.fr, je recommence le processus de réservation qui n’avait pas été sauvegardé. Je refais tout le parcours, et, à nouveau, je ne peux résister à la tentation de vouloir choisir mes sièges dans l’avion car l’expérience prouve que par défaut Air France a la fâcheuse manie de vous placer selon une logique prévue pour séparer systématiquement les gens.

A nouveau une fenêtre s’ouvre, à nouveau Firefox peine à télécharger le truc magique pour choisir ses sièges. A nouveau je ferme. Ca plante. Couic.

Et bien sûr je recommence, parce que je suis bête et buté. Je me dis que, tant pis, je ne choisirai pas mes sièges, que comme d’habitude on négociera dans l’avion pour être décemment assis.

Ouvrir Firefox, aller sur AirFrance.fr, resélectionner les vols et là surprise: le prix du billet n’est plus de 1064 Euros, mais de 1782 Euros.

AirFrance.fr dans la grande sagesse de ses algorithmes d’ajustement de tarifs en temps réel, a considéré que trois tentatives de réservation de billets pour Beyrouth en très peu de temps dénotaient d’une forte demande pour cette destination et a revu automatiquement ses prix à la hausse. Comme le monde est bien fait et en réseau, ce nouveau tarif était répercuté sur tous les autres sites de vente de billets d'avion. 

Alors j’ai attendu que ça se dégonfle. J’ai attendu que l’algorithme se rende compte qu’une recherche de billets n’est pas une vente de billet et qu’un supplément de 3x700 Euros pour un bug n’est pas justifié.

Je me suis reconnecté le lendemain (aujourd’hui) et j’ai refait ma réservation. Comme je m’y attendais les billets étaient revenus à leur prix initial de 1064 Euros. J’ai complété les formulaires en faisant très attention de ne pas cliquer sur l’assignation de sièges et tout a marché très bien. 

La morale de cette histoire est que : il suffit qu’un imbécile fasse une connerie mineure quelque part pour que ça puisse avoir une incidence sur plein d’autres gens. Il y a peut-être d’autres gens qui ont essayé d’acheter des billets pour Beyrouth hier après midi et qui les ont payé 70% plus cher simplement parce que le service informatique d’AirFrance n’a pas jugé bon de faire un système compatible avec Firefox (un navigateur mineur doivent-ils se dire). Et d’ailleurs pourquoi ont-ils choisi de faire ça en Java plutôt qu’en Flash ? Ca sent bon le service informatique à l’ancienne ça. Comment peut-on imaginer que le prix des billets d’avion puisse être sensible à un bug de browser web ? C’est une assez pathétique et édifiante illustration de l’histoire classique du mouvements des ailes d’un papillon.

Epilogue de cette histoire : après avoir fait ma réservation, j’ai reçu un email d’AirFrance me disant que je pouvais modifier les paramètres de mon vol.

Je suis donc retourné sur AirFrance.fr pour tenter de choisir des sièges. Mais, instruit par l’expérience, j’y suis allé avec Internet Explorer. Après identification, j’ai donc retrouvé les noms des trois personnes qui voyagent avec en face de chacune ses préférences en matière de repas en vol (aucune) ainsi que son siège (aucun assigné). Un bouton propose de modifier ces éléments. J’ai accédé à une page qui me proposait de choisir le type de repas dans un menu déroulant qui comprend : Diabétique, Musulman, Kasher, Végétarien et Enfant. Avec Diabétique comme valeur par défaut et aucune possibilité de dire qu’on ne répond à aucune de ces exigences et qu’on veut juste le médiocre plateau repas standard.

Af_resa_2
Juste en dessous du choix des repas je pouvais enfin choisir mes sièges. Ce coup-ci l’application en Java a bien voulu fonctionner puisque j’utilisais le respectable Internet Explorer. Mais valider un siège revient automatiquement à valider un choix de repas. Comme je n’ai pas résisté à l’envie de choisir des sièges nous sommes condamnés à avoir des plateaux repas diabétiques.

Moralité, pour Air France tout le monde est diabétique et personne n’utilise Firefox.

20 juin 2007

Pourquoi la Swatch « Once Again » (GB743) est la mère de toutes les montres

Dans la série  « ces choses qui n’intéressent que moi et pour lesquelles je maintiens ce blog », un article dans lequel les mots Swatch « Once Again » seront répétés plein de fois.(1)

Je porte une Swatch « Once Again » (GB743 dans la nomenclature de Swatch Group). Je porte toujours une Swatch « Once Again ». Ce n’est pas la même tous les jours mais c’est quand même toujours une Swatch « Once Again » parmi les dizaines de Swatch « Once Again » que j’ai.

Pour ceux qui ne connaissent pas, la Swatch « Once Again » c’est çaGb7433
Pourquoi est-ce que je porte une Swatch « Once Again »  ne vous demandez-vous pas ? Voilà les raisons pour lesquelles je voue un attachement religieux à ce truc :

Il est rare dans la vie de tomber sur de véritables étalons platoniques, la Swatch « Once Again » est l’un d’entre eux. La Swatch « Once Again »  est un objet pur. Une forme pure. La plus pure de toutes les montres. Un objet seulement dénotatif et référentiel expurgeant tout parti pris poétique. Un objet obvie. Une espèce de montre zéro à partir de laquelle toutes les autres montres auraient été dérivées. Un standard sur lequel toutes les autres montres brodent. Toutes les montres du monde sont contenues dans la Swatch « Once Again » :

  • Couleurs : La Swatch « Once Again » est noire à fond blanc. Elle n’utilise aucune couleur, reste au niveau le plus élémentaire de la couleur, en ne se permettant aucune nuance. Partant de là, toutes les autres montres sont des variations autour de la non couleur de la Swatch « Once Again », en choisissant d’autres couleurs elles font le choix de l’arbitraire, du relatif, de l’anecdotique et donc du temporel.
  • Matière : La Swatch « Once Again » est faite entièrement en plastique.  On peut considérer que le plastique est une annihilation de la matière, une synthèse de toutes les autres matières. Ainsi, comme pour les couleurs, toutes les autres montres de l’univers dévoient cette « neutralité » du plastique en jouant sur le paradigme des matières : différents métaux, du verre, du cuir, voire des pierres précieuses. Là encore, le particularisme, la roulette gratuite des variations de paradigmes, crée la temporalité et la vanité de l’objet.
  • Taille : La Swatch « Once Again » a la taille la plus communément rencontrée parmi les montres. Elle ne se distingue ni par l’emphase ni par par la litote.
  • Composantes et fonctions : La Swatch «Once Again » a les fonctionnalités absolues d’une montre c'est-à-dire qu’il n’y manque rien et qu’il n’y a rien de superflu :
  • Elle a trois aiguilles, c'est-à-dire qu’elle a une aiguille des secondes, là où certaines autres montres choisissent d’en faire abstraction. (Que veulent-elles dire quand elles suppriment l’aiguille des secondes d’ailleurs ?)
  •  Elle affiche le jour du mois ET de la semaine. Certaines montres n’affichent aucun calendrier ou se limitent au seul jour du mois.
  • Elle est fluorescente et peut se lire dans le noir, là où d’autres montres font l’économie de cet effet.
  • Le cadran affiche le chiffre de toutes les heures (sauf le 3 dont la place est occupée par le calendrier). Beaucoup de montres ont une approche plus elliptique, n’arborant que le 3 6 9 12, voire (ultime snobisme) uniquement un signe au lieu des chiffres. Qui plus est, ces nombres sont écrit dans un caractère clinique de la famille des Helvetica (là où on peut rencontrer, ailleurs, des parti pris de caractères serif, d’italiques ou d’anglaises ampoulée) utilise des nombre arabes (là où d’autres montres par une ridicule préciosité affichent des chiffres romains, comme si les romains, d'abord, ils avaient des montres à leur bracelet !).
  • Nom : Once Again ne veut rien dire. Sinon qu’il s’agit d’une montre de plus. Elle banière donc sa banalitude et sa quidamité absolue. Il ne s’agit pas d’une montre d’exception, mais une simple répétition de tous les motifs universels de la montre.

Confronté à un tel modèle, une forme aussi parfaite, l’homme peut-il choisir de porter une autre montre. Comment, en connaissance de cause peut-il assumer que sa montre soit un objet dévoyé, un spécimen aléatoire, une réinterprétation entachée par la vanité de celui qui l’a conçue, celui qui l’a vendue, celui qui l’a offerte, celui qui la porte. Je ne cesse de rencontrer des gens qui ne portent pas des Swatch « Once Again ». Mes sentiments à leur égard est mélangé, balançant entre l’admiration (comment arrivent-ils à assumer l’arbitraire de cette singularité ?) et une certaine forme de dégoût. 

Note complémentaire et historique:

La Swatch « Once Again » a été designée en 1999, ce qui craint un peu pour un modèle platonicien qui par définition précède tous les autres avatars, mais bon, je n'ai jamais prétendu être de bonne foi. On peut confondre la Swatch « Once Again » avec la Swatch Gb703 designée et lancée en 1983, et qui est LA première Swatch (ce qui est mieux pour sa platonisation). On peut aussi confondre la Swatch « Once Again » avec la Swatch Espresso (1997). Cette dernière est en tous points pareille à part le fond du cadran qui est noir.

Mais à plusieurs égards, ni la Swatch Gb703, ni la Swatch Espresso (GB737) ne sont à un niveau aussi sémiologiquement cristallin et platoniquement kasher que la Swatch « Once Again ». 

En effet :

  • La Swatch Gb703, sauf le respect qui est du à son historicité est entaché par  la taille du logo Swatch Quartz qui est beaucoup plus ostensible que dans la Swatch « Once Again » (voir photo). Ce m’as-tu-vuisme sied mal à un référent absolu et neutre. Notons que la suppression complète de la marque dans le fond du cadran n’est pas non plus une solution parce qu’elle mène à cet autre snobisme puritaniste du « no brand ». La marque fait partie de la montre mais elle se doit d’être discrète

Gb703 Onceagain

  • La Swatch Espresso, elle, pèche par son parti pris monocolore, ses prétentions à l’élégance facile des choses toutes noires, voire le douteux de son nom, espresso, qui laisse soupçonner une volonté de métaphore (même si selon toute probabilité le nom a été trouvé après, par des gens qui n'étaient même pas du même service).

.Espresso_2

Il fallait que ces choses là soient dites un jour.

r.


(1) J’ai été tenté d’écrire SOA au lieu de répéter Swatch « Once Again » mais finalement ça manque complètement de charme SOA, et répéter Once Again de manière lancinante est assez shtroumpfant.

16 novembre 2006

Du bon usage de la photographie moderne

Pendant longtemps je n’ai pas aimé la photo. J’ai toujours trouvé non naturel le fait de trimbaler un appareil photo avec soi et de s’arrêter pour prendre des photos. Pour moi les souvenirs s’inscrivent dans la mémoire et n’ont pas besoin d’être fixées.

Mais voilà, récemment je me suis acheté un appareil photo numérique (oui moi aussi j’ai désormais un appareil photo numérique). Du coup je me suis replongé dans cette question qui m’a toujours taraudé : pourquoi fait-on des photos ? quand faut-il faire des photos ? qu’est-ce qui mérite d’être photographié ? Est-ce qu’une photo est là pour décharger notre esprit d’un souvenir, nous permettre de stocker à l’extérieur de nos têtes des choses que nous avons vues ? Qu’est-ce qui mérite d’être photographié lorsqu’un appareil numérique au ventre illimité peut indéfiniment brouter le monde ?
 

L’autre jour, en gare de Rennes j'ai pensé ça : j’étais à Rennes, c’était un vendredi après midi de novembre, tout était à la fois très banal et familier, une gare SNCF, et en même temps exceptionnel puisque je n’étais jamais allé à Rennes auparavant et que je ne prends somme toutes pas le train tous les jours etc. Que resterait-il plus tard de ce moment de ma vie, de ce vendredi après midi quelconque où je me suis trouvé en gare de Rennes ? Probablement rien. Alors j’ai sorti mon appareil photo et j’ai photographié ça, des bouts insignifiants d’une gare insignifiante en ce jour insignifiant. Je n’ai pas essayé de rendre la photo jolie, d’attendre que quelque chose se passe, de guetter l’instant magique ; juste conserver ce qu’à un moment donné j’ai vu.

Ainsi est née ma première série des NIM : les Non-Inoubliables Moments. Depuis, j’essaye d’élaborer une définition exacte du concept de NIM. Voici où j’en suis de ma réflexion:

  • Un NIM est un moment qui ne laissera probablement, spontanément, aucune empreinte dans notre mémoire.
  • Nous avons toujours tendance à faire des photos des moments mémorables. Or les moments mémorables dès lors qu’ils le sont vraiment, s’accrochent spontanément à notre mémoire et n’ont pas besoin d’être embaumés, recadrés et réduits dans une photo.
  •  En photographiant ces Non-Inoubliables Moments, on les rend mémorables, on en conserve un écho, voire on les mythifie. Les NIM sont des vrais moments de notre vie et nous n’allons pas décharner nos vies au point de n’en conserver que des images de vacances et d’anniversaires.

Qu’est-ce qu’un Non-Inoubliable Moment :

  •  Un NIM est un moment c'est-à-dire qu’il doit pouvoir être circonscrit dans le temps et dans l’espace. Par exemple rouler en voiture n’est pas un NIM parce que c’est une succession de moments. Etre arrêté à un embouteillage peut être un NIM. (à moins de faire des NIM vidéo, mais je n’ai pas de caméra vidéo alors je n’ai pas réfléchi à la question).
  •  Un NIM est un moment banal mais malgré tout exceptionnel. Les choses que nous voyons ou nous faisons tous les jours ne sont pas des NIM. Le NIM est un moment rare.

En guise d’illustration je met dans les album photos ci-contre, quelques unes des photos de NIM qui, je pense, illustrent le mieux le concept. N’hésitez pas à me dire si à votre avis ce sont vraiment des NIM ou pas.

Comment consommer des NIM : faire un slideshow aléatoire de ses photos de NIM comme économiseur d’écran de son PC, avec une cadence rapide et sans effets de transition. On raconte souvent qu’au moment de mourir on voit défiler toute sa vie en accéléré devant ses yeux. Avec ce slideshow de NIM vous recréez pratiquement la même chose sans avoir besoin de mourir.

19 octobre 2006

Achetez mon livre avec de l’argent

Couvdbri_1 Voilà donc que sort en librairie un livre qui s’appelle « Eloge de l’Incertitude – Devenez Beau Riche et Intelligent avec Power Point Excel et Word ». En regardant bien, on constate que j’en suis l’auteur.

Du coup, je me sens un peu obligé d’en faire la promo ici pour différentes raisons :

  • C’est vraiment moi qui ai écrit ce livre et il semblerait anormal pour les tenants de l’idéologie bloguiste, qu’ayant un blog officiel l’auteur n’en parle pas directement à ses lecteurs.
  • Pour vous inciter à aller l’acheter parce que tous les trois livres vendus je peux me payer un café.
  • Je pense qu’il est finalement pas mal ce livre. Personnellement j’ai bien ri en l’écrivant (et dieu sait que je ne ris pas souvent). J’ai le secret espoir qu’il vous fera rire aussi et plus si affinités.
  •  Parce que même si vous faites partie de ceux qui en ont lu le début pour pas un rond sur l’Internet, la version imprimée contient un véritable et magnifique Epilogue de pas moins de 20 pages (je n’ai pas compté, je dis ça de mémoire) qui n’existe pas dans la version en ligne (gnark gnark). L’Epilogue retrace l’après bulle Internet, de 2002 à nos jours, ce que j’ai fait pendant ce temps, la naissance d’Ozone et de Violet et se termine sur une véritable morale.
  •  Dans pas longtemps le contenu de ce livre sera peut-être obsolète et je l’aurai écrit pour rien : nous aurons traversé une deuxième Bulle Internet ; la suite Office sera devenu un vieux truc ringard uniquement utilisé au GAN tandis que le reste du monde utilisera l’équivalent en ligne de Google[1]; peut-être même que soudain le monde aura cessé de se shooter à la Certitude.

J’aurais mauvaise conscience vis-à-vis de vous qui êtes venus jusque là, de ne pas donner quelques infos additionnelles sur mon livre, des scoops de première bourre, des trucs d’insider. Je peux donc dire ceci :

  •  Je déteste la mise en page de la couverture (en particulier de la quatrième de couverture) du livre telle qu’elle a été faite par Patrick Robin Editions. Je décline toute responsabilité à ce sujet.
  •  Je décline aussi toute responsabilité quant à la manie de mettre en italiques tout néologisme ou tout anglicisme.
  •  Le titre initial du livre a été « De l’Incertitude ». Ensuite, lorsqu’il a été édité par les Editions de l’Organisation sous forme d’eBook, ils ont jugé que le titre était peu commercial (ce qui était absurde pour un livre gratuit) et il s’est appelé « Devenez, beau, riche et intelligent avec PowerPoint, Excel et Word ». Après, lorsque Patrick Robin a décidé d’en faire une version papier il a fallu repenser au titre, la crainte étant qu’avec le titre de l’Ebook, les libraires le classent au rayon informatique ce qui aurait été drôle mais pas terrible pour le commerce. Il s’appelle donc « Eloge de l’Incertitude » parce qu’il y est fait l’éloge de l’Incertitude.
  • For some reason, Fnac.com et Amazon.fr écrivent Halladjian avec deux L , ce qui est inutile.
  •  La plupart des éditeurs auxquels j’avais initialement soumis le livre en 2002 ont eu peur de subir un procès de Microsoft. Les éditeurs n’ont parfois pas seulement peur de la colère des islamistes.
  •  L’Epilogue a été tourné au Maroc, dans l’Ouest Américain et à Paris XIIIème durant l’été 2006 et sans fumer une seule cigarette.

Si malgré tout ce que j’ai écrit ici, vous finissez vraiment par lire mon livre, j’apprécierai beaucoup que vous m’envoyiez vos commentaires parce que, tout bien considéré, je n’ai pas fait ça pour l’argent.


[1] Pensez-vous qu’un jour il y aura des publicités Google dans la marge de nos présentations PowerPoint (GPoint ?), sous prétexte qu’on aura le droit d’utiliser le logiciel gratuitement ? Ce serait drôle, on pourra alors acheter des adwords qui apparaissent dans la marge des présentations de nos concurrents.

29 juillet 2006

Lectures de vacances

Expériences de cet été:

Lunar Park de Bret Easton Ellis
publié par Robert Laffont (Collection Pavillons) - 20 € - imprimé par Firmin-Didot (groupe CPI)

Lorsqu'on laisse le livre en plein soleil (peu importe d'où) la colle de la reliure sèche et les pages se détachent complètement, ce qui est particulièrement désagréable quand on lit dans un endroit où (par ailleurs) il y a du vent et/ou qu'on lit dans un transat sans accoudoir, obligeant à adopter une position très inconfortable (et fatigante pour le bras gauche) pour lire.

Breaking the Spell (Religion as a Natural Phenomenon) de Daniel Dennett
publié par Viking Penguin - 25,95$ - Printed in the United States of America (imprimeur anonyme)

Laissé en plein soleil (peu importe d'où), par près de 40 degré, le livre reste intègre, d'une admirable tenue et parfaitement solide. Quelle que soit la position du lecteur, l'ouvrage sait prendre élégamment sa place sans obliger à des contorsions qui deviennent vite nauséeuses.

Par conséquent, si je devais vous recommander (tardivement) une lecture d'été, c'est sans hésitation que je vous encourage a préférer Daniel Dennett à Bret Easton Ellis.

Où ailleurs que sur son blog peut-on dire des choses aussi minuscules et importantes ?

28 novembre 2005

L’ADSL myope de trop regarder ses propres affiches ?

Petite interprétation fumeuse et lapidaire de celles dont je suis capable :

  • Il était une fois Napster créant le peer-to-peer et le besoin de télécharger beaucoup de gros fichiers.
  •  Par modem télécharger des chansons gratuitement coûte très cher.
  • Arrive l’ADSL qui dit : « téléchargez plus vite » et met sur sa bannière « Haut Débit » pour faire venir les téléchargeurs.
  • Les téléchargeurs sont contents. Ils voient le bénéfice immédiat.
  •  A force de voir Haut-Débit partout, le reste des utilisateurs, même ceux qui ne téléchargent pas, pensent que c’est ça qu’il leur faut sous peine d'être plouc. Le mythe du « Haut Débit » est créé.   

Mais voilà, ayant écrit « Haut Débit » sur ses affiches, l’opérateur finit par croire que c’est ça l’enjeu, que ce qui est important dans l’ADSL c’est le débit, que son métier par conséquent est Haut-Débiste. Il pense donc que l’avenir sera de fournir la même chose en mieux, donc plus de débit: demain le Très Haut Débit, le Très Très Très Haut Débit. 

Je ne dénie pas l'intérêt du Haut Débit. Mais si ce n’était pas le principal avantage de l’ADSL ?

Ce qu’a apporté l’ADSL ce ne sont pas seulement des débits plus importants que ceux dont nous disposions auparavant. La véritable révolution de l’ADSL a été celle d'offrir une connexion permanente: pouvoir envoyer un mail dès qu’une idée nous vient, travailler en discutant en IM, accéder spontanément à un document, à une information qui se trouve n’importe où. Cette connexion permanente transforme beaucoup plus les usages que le fait de disposer du haut débit. Il fait de la connexion une chose naturelle, indispensable, vitale. Elle crée un individu en réseau. 

D’un point de vue marketing, il n’aurait certes pas été imaginable que les opérateurs lancent l’ADSL en promettant simplement une connexion permanente à l’Internet. Peu de gens en auraient vu à priori l’utilité. La permanence de la connexion fait partie de ces choses (comme par exemple l’Internet ou la téléphonie mobile) auxquelles on s’accoutume, auxquelles on s’addicte, mais dont on ne soupçonne pas l’intérêt avant des les avoir essayés.

Posons donc le problème de la manière suivante :

  • Si l’apport de l’ADSL est le Débit : la priorité serait d’apporter encore plus de débit.
  • Si l’apport de l’ADSL est la permanence de la connexion de l’utilisateur: la priorité serait d’apporter encore plus de permanence dans la connexion de l’utilisateur.

A force de voir « Haut Débit » écrit sur leurs affiches, les opérateurs ont fini par penser que seul le débit importait. Ils se sont pour ainsi dire piégés eux même. Confondant un bête argument marketing opportuniste avec une vision à long terme.

Je dis ça, mais je me trompe peut-être.

12 juin 2005

Autopromo: Achetez un Nabaztag

Frontpack_mediumAvoir son blog est en soi un exercice éhonté d'immodestie. C’est donc sans complexe que j’annonce ici la sortie de Nabaztag.

Nabaztag est le nouveau produit de Violet, société dont je suis avec Olivier Mevel un des fondateurs.

Nabaztag est (comme son nom l’indique) un lapin communicant.

C’est un véritable objet, c'est-à-dire du hardware pour parler vulgairement. Il pèse un bon kilo, il mesure 23 cm, il bouge ses oreilles, il parle, il fait de la musique et les taches lumineuses sur son corps font toutes sortes d’animations en couleur. Mais, c’est avant tout un objet connecté : avec sa carte Wi-Fi il reçoit en permanence des flux depuis l’Internet.

Je ne vais pas décrire ici ce que fait Nabaztag, tout cela est dit sur www.Nabaztag.com ou sur www.Violet.net. Mais pour enfoncer joyeusement le clou de la trivialité, je dirai franchement: ALLEZ SUR FNAC.COM ET COMMANDEZ VOTRE NABAZTAG !

J’en profite seulement pour ajouter ici une couche de surenchère Wi-phiste sur ce que j’ai dit par ailleurs sur ce blog.

Nabaztag est l’illustration qu’il est possible aujourd’hui, pour une petite boite comme Violet de concevoir de nouveaux produits et de nouveaux services avec juste une idée et somme toutes assez peu de moyens. Cela est rendu possible par la baisse du coût des composants électroniques et la disponibilité de technologies de communication très peu chères comme le Wi-Fi.

Jusqu’à présent, le seul terrain sur lequel le commun des mortels pouvait intervenir était celui du software, du service ou du contenu (toi aussi tu peux faire ton site web !). Les terrains du hardware et des télécoms étaient réservés à une poignée d’acteurs. Mais concevoir des objets nouveaux et communicants ou intégrer des capacités de communication dans des objets existants devient accessible à n’importe qui. Ce que Violet a pu faire, des milliers d’entreprises de toutes les tailles vont pouvoir le faire : créer des objets nouveaux ou développer des usages et des services inédits en ajoutant des capacités de communication à des objets existants.

Si vous voulez mon avis (et je suis là pour le donner), je pense que c’est une bonne nouvelle. Nous sommes à l’aube d’une nouvelle émulation, d’une nouvelle vague de créativité, et, n’ayons-pas-peur-des-mots, de développement économique. 

Aussi, pour poursuivre ma croisade obsessionnelle contre l’idée que « le Wimax sera aux ordinateurs portables ce que l’ADSL est aux ordinateurs fixes » je dirai qu’il est peu probable qu’il y ait des Lapins Wimax avant longtemps. Tant pis pour le Wimax.

Hope this helps (me).

r.

PS : Scoop réservé aux lecteurs de mon blog:

    - Nabaztag veut dire lapin en arménien
- je suis arménien
    - oui c’est moi qui ai suggéré (sic) le nom.

29 mai 2005

Acharnement

Ca fait du bien de voir qu'on n'est pas seul à ne pas croire au Wimax.

Voici un papier intéressant http://www.thefeature.com/article?articleid=101480 (en anglais), repris par Daniel Caplan sur internetactu (et donc en français) sur http://www.internetactu.net/index.php?p=5873.

05 mai 2005

AREAHDALRDR (Accès radio électrique à haut débit à le réseau des réseaux)

Vu ça:

Internet: quand la Wi-Fi se fait ASFI

PARIS, 5 mai 2005 (AFP) - Il ne sera plus possible désormais en français, du moins dans les textes officiels, de trouver un hot spot pour bénéficier du Wi-Fi, pas plus que d'émettre des MMS: la commission générale de terminologie et de néologie vient de donner l'équivalent de ces termes anglo-américains, passés pour certains dans le langage courant des usagers d'Internet.
Les techniques d'accès à Internet sans fil, dont la plus courante est le Wi-Fi (wireless fidelity), deviennent en français ASFI (accès sans fil à internet), selon un avis publié jeudi par le Journal officiel.
L'abréviation MMS (multimedia message service) est déconseillée par la commission, qui lui préfère message multimédia.
Plus question enfin de trouver un hot spot dans un aéroport ou une gare pour émettre: l'espace où "le public peut bénéficier de services radioélectriques temporaires ou permanents à haut débit" s'appelle une zone d'accès sans fil, ou zone ASFI :-)*
Enfin, la commission rappelle dans son tableau d'équivalence entre termes français et anglais que l'auteur de messages non sollicités, les spams, n'est pas un spammer...mais un arroseur (-euse).
pc/ds
AFP le 05/05/2005 à 12:27


*C'est moi qui smile, r.

Les notes récentes

Sites officiels de ce que je fais dans la vie

A tribute to every fucking tree of Death Vlei

  • Dsc08309
    Ces arbres sont morts il y a plus de 5000 ans, debout au milieu de nulle part dans le désert de Namibie. Ce sont les ancêtres de tous les arbres morts du monde. On peut même dire que le plus vieux des arbres vivants n'arrive pas à la cheville de ces arbres morts. Un arbre mort vit donc plus longtemps qu'un arbre vivant. Quelle belle leçon de courage. Nous nous devions donc de féliciter chacun d'entre eux. Solennellement.

NIM: Les Non-Inoubliables Moments

Extension de la portée des bombes

  • Dsc013781
    Juillet 2006. Les bombes pleuvent sur le Liban mais peut-être pas seulement. Toutes ces paraboles dressées sur les toits de maisons au Maroc, sont elles négligeables ?

Personal Networks

  • Dsc00055
    Voici des photos que j'ai prise à Beyrouth (Liban), plus précisément dans le quartier arménien (Bourj Hammoud). Pendant la guerre du Liban, tous les services publics faisant défaut, les libanais se sont mis à développer leurs propres infrastructures. Les rues sont toutes traversées par des câbles qui vont d'immeuble en immeuble. Ces câbles transportent (plus ou moins légalement): de l'électricité, des lignes de téléphone d'un immeuble à l'autre, des réseaux de télévision offerts par le Video Club du coin. Ces réseaux sont particulièrement fournis dans le quartier arménien où tout le monde est souvent à portée de câble d'un cousin. Ces images préfigurent pour moi ce que seraient des Personal Networks, c'est à dire la possibilité offerte à tout un chacun de créer son propre réseau pour se connecter à des membres de sa communauté. Nous sommes passés des ordinateurs centralisés à des ordinateurs personnels, nous tenons pour naturel d'avoir le pouvoir de traiter des données comme nous l'entendons sur nos PC. Les nouvelles technologies de réseau (le Wi-Fi pour ne pas le nommer) sont l'équivalent pour les réseaux de ce qu'ont été les PC dans les années 70-80. Le Wi-Fi peut remplacer les câbles qui ont été tendus dans le quartier arménien et rendre moins laide et fastidieuse l'interconnexion des gens. Imaginez les rues que j'ai photographiées avec plein de réseaux qui les strient mais de manière invisible. Imaginez surtout que toutes les rues de toutes les villes deviennent comme les rues du quartier arménien de Beyrouth, sans qu'on ait forcément besoin d'une guerre pour y arriver. r.