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Accueil | On parle de moi (et ça me fait bien plaisir) aujourd'hui 01Net »

17 avril 2005

Pour en finir (une bonne fois pour toutes ?) avec le WIMAX

A l'occasion de l'inauguration par Altitude de son premier tronçon WIMAX dans l’Eure, lu dans la Tribune « Le WIMAX sera à l’ordinateur portable ce que l'ADSL est à l'Internet fixe ».

Bien sûr, je suis impliqué jusqu'au cou dans le Wi-Fi, tout ce que je peux dire sur le WIMAX peut paraître suspect, mais ceci est mon blog, il faut bien que je le meuble: je trouve de plus en plus le fantasme autour du WIMAX absurde. Voici un étalage des raisons pour lesquelles je ne crois pas au WIMAX :  

Du nom

Le Wi-Fi (Waillefaille) porte un nom joliment kitch, Wireless Fidelity, comme si des préoccupations marketing agressives n'avaient pas présidé à sa naissance. Un jour, quelqu'un a du lancer ce nom, « Wireless-Fidelity ». Les gens dans la salle ont trouvé ça rigolo, ça leur rappelait la vieille Hi-Fi de leurs parents. Comme on avait des sujets plus importants à traiter, Wi-Fi a été adopté par défaut. Je ne sais pas du tout si les choses se sont passées comme ça, mais c'est le sentiment que donne le nom Wi-Fi.

Pour « WIMAX» (Why Max ?), on est d'emblée dans la surenchère et le marketing (comme pour ADSL2+). WIMAX ça veut dire « Wireless plein ta gueule ». « MAX » ça éclate, ça roule des mécaniques. C'est comme dans les pubs criardes de la bande FM « un MAX de tubes ! un MAX de cadeaux ! un MAX de sensations extrêmes !», ou dans Pepsi MAX (dont je n'ai jamais vraiment compris le nom puisqu'il s'agit en fait de Pepsi Light, mais ils ne pouvaient pas l'appeler Pepsi MIN).

Le nom WIMAX veut dire en filigrane: « on a vu l'engouement pour le Wi-Fi, engouement que nous n'avons pas contrôlé. Il y a du marché là dedans. On va faire une norme (ou rhabiller le 802.16) qui va nous permettre de reprendre la main, un produit qui aura l'air plus plus, un jouet de grandes personnes, on ne va pas se laisser déborder par la horde désordonnée du Wi-Fi ».

« Ah bon ? C'est ça tes arguments contre le WIMAX » se dit le lecteur ? Non ! non ! m'empresse-je de répondre. Ce n'est pas parce qu'on a de vrais arguments qu'on est obligé de les mettre au début. Poursuivons. 

Du point de vue de la bête existence de la technologie

Le WIMAX ça n’existe pas. En tout cas, ça n'existe pas encore. La norme ne sera publiée qu'à la fin de cette année. Cette publication concernera la version 802.16a, c'est-à-dire celle qui permet aux opérateurs de créer des liens fixes de point à point. La version réellement mobile du WIMAX (le 802.16e), celle qui pourrait prétendre être « aux ordinateurs portables que ce que l’ADSL est au PC », n'est pas attendue avant 2008. Le plus prochain des WIMAX n’est prévu que pour connecter des bâtiments. A l'arrivée de la liaison WIMAX on installe une borne Wi-Fi pour vous permettre de vous connecter et de bouger un peu. Grâce au WIMAX, le Wi-Fi se développe encore plus.

Ce qui existe aujourd'hui, c'est le « pré-WIMAX », c'est-à-dire du WIMAX fabriqué par une poignée de constructeurs et non kasherisé par la norme.

De plus, il ne suffit pas qu'une technologie soit disponible pour qu'elle soit immédiatement utilisable. Une fois accessible, une techno doit poursuivre sa learning curve c'est-à-dire subir des améliorations successives nées de l'essuyage des plâtres par les premiers utilisateurs. La learning curve d'une techno est d'autant plus significative qu'il y a un grand nombre d'utilisateurs. Il ne faut donc rien attendre du WIMAX avant la fin de l'année prochaine si les choses vont très vite, c'est-à-dire qu’un nombre suffisant de cobayes accepte d'en essuyer les plâtres. Sachant que l'utilisation du WIMAX est soumise à licence, cela réduit considérablement le nombre d'expériences susceptibles d'améliorer la norme.

Pendant ce temps, le Wi-Fi existe, je m’en sers à l’heure où je vous parle, est adopté massivement dans le monde de Shenzen jusqu’au Col-du-Bonhomme (67), constitue un marché substantiel réel et non prospectif, représente un enjeu économique mesurable et, du coup, attire un nombre considérable d'entreprises ou de projets open source de par le monde qui la font évoluer. Dit autrement : si vous êtes une entreprise de technologie, vous avez intérêt à développer des solutions qui améliorent le Wi-Fi parce qu’il a beaucoup d’utilisateurs et qu’il y a donc de l’argent à gagner. Plus vous améliorez le Wi-Fi plus il aura d’utilisateurs et plus le marché sera grand et tout et tout.

Ainsi la learning curve du Wi-Fi a plusieurs longueurs d'avance sur celle du WIMAX. On ne voit pas encore quel moteur ferait que le WIMAX démarrerait une spirale positive comme celle du Wi-Fi, surtout avec le boulet de la licence qui limite le nombre de joueurs. Aujourd’hui le marché en France pour de la techno WIMAX se limite à un seul potentiel client : Altitude Telecom. Sauf le respect d’Altitude Telecom, ce n’est pas très motivant pour que de nombreuses entreprises se réveillent pour apporter des solutions et faire évoluer la norme.

En bref, le WIMAX est aujourd'hui attendu comme le retour du messie sur terre, l'apparition de l'Imam caché ou l'avènement du socialisme réel dans l'URSS de Staline. Pendant ce temps, dans cette vallée de larmes, le Wi-Fi prospère .  

Du point de vue des performances techniques

Le discours généralement entendu sur les performances du WIMAX dit ceci « le WIMAX c'est cool, ça porte à 40 kilomètres avec des débits de 70 Mbs». (voir par exemple).

Certaines versions affirment même que ça porte à 70 kilomètres, prenant un nombre de mégabits pour une distance. Cela montre bien que nous sommes plus dans le domaine du fantasme que de la connaissance réelle de la techno.

Dans les faits, d'après les happy few qui ont pu y avoir accès, et de l’avis/aveu même des constructeurs, le WIMAX offre 70 Mbs de bande passante et une portée allant jusque 30 kilomètres. C’est formidable ? Peut-être, mais surtout, ça ne sert pas à grand-chose : trop peu, trop loin.

On donne l'impression qu'il suffit de planter une antenne WIMAX quelque part pour qu'à 40 kilomètres à la ronde, tout le monde puisse se connecter à 70 Mbs. Qu'il suffit en somme de mettre une antenne au sommet de la tour Eiffel pour couvrir Paris et la petit couronne. Vu comme ça, c'est effectivement magique, il faudrait le faire dès demain, sans attendre.

Or, en réalité, cette antenne a une capacité totale de 70 Mbs que devront se partager tous les utilisateurs. Dans l'exemple tarte-à-la-crème de la tour Eiffel, cela signifierait que toute la population de Paris et de la petite couronne (8 millions d'habitants, de mémoire) se partagerait 70 Mbs, ce qui donnerait un débit très proche de 0 par utilisateur potentiel. La question n'est pas de savoir quel débit fait une antenne, mais entre combien d'utilisateurs on partage ce débit. Si vous voulez partager 70 Mbs en donnant à vos abonnés une capacité comparable à celle de l'ADSL, vous devez en moyenne placer une antenne tous les 800 mètres dans une ville comme Paris. Le fait que vos antennes portent à des dizaines des kilomètres ne vous sert à rien lorsque vos clients sont à 400 mètres, voire peut être un handicap dans la gestion de vos ondes et de vos cellules.

Une antenne tous les 800 mètres ? C'est en somme, la même densité d'antennes que celles qu'Ozone a retenu pour ses implantations en Wi-Fi. Le Wi-Fi peut délivrer aujourd'hui 3x54 Mbs (nominaux) répartis sur une zone donnée. C'est mieux que ce que peut faire le Wimax et surtout, ça coûte nettement moins cher. Si vous devez démultiplier vos antennes, vous avez intérêt à ce qu’elles ne coûtent pas cher, à moins que vous ne soyiez Orange et que vous jugiez concevable que l’utilisateur paye des sommes d’un autre âge pour l’utilisation du réseau. Le WIMAX est juste une manière de faire la même chose que ce que nous faisons en Wi-Fi mais pour plus cher avec une technologie qui n'existe pas encore.

Il reste que le WIMAX a probablement des usages très utiles en milieu rural pour faire des liaisons point à point sur plusieurs kilomètres (le Wi-Fi ne sait pas le faire sur plus de 9 kilomètres). Il peut servir à couvrir des zones peu denses en population, c'est-à-dire celles dans lesquelles il est concevable de se partager 70 Mbs à 40 kilomètres à la ronde. C'est certainement une bonne nouvelle pour le monde rural, mais toute correctitude politique bue, c'est un usage marginal. Les enjeux de la « fracture numérique » ne sont pas suffisants pour déclencher une dynamique technologique et industrielle autour du WIMAX. En tout cas pas suffisamment pour que les prix du WIMAX atteignent ceux du Wi-Fi.

Le WIMAX, en terme de performances n'est qu'un jouet cher pour des opérateurs qui ne conçoivent pas de pouvoir utiliser des technologies accessibles au commun des mortels. Il en a été de même pendant longtemps pour l'informatique : utiliser des PC pour des applications professionnelles a mis du temps à s'imposer. Le clergé informatique a considéré que pour pouvoir faire du travail sérieux et pour ne pas avoir l'air d'un plouc, il fallait absolument avoir un mainframe, qu'un PC n'était qu'un jouet. Le Wi-Fi est aux télécommunications ce que le PC a été aux mainframes.

Du point de vue de l'écosystème

Dans l’article susmentionné de la Tribune une citation d’une personne d’Alcatel m’a fait beaucoup rire : « Nintendo a vendu 3 millions de consoles DS, qui contiennent une puce Wi-Fi, en quatre mois. Si la DS avait contenu une puce WIMAX, alors potentiellement 3 millions de personnes pourraient se connecter à l’Internet». Avec des des « si » et des « potentiellement » on peut effectivement imaginer des marchés considérables. Mais pourquoi avez-vous besoin d’un marché potentiel lorsque dans la même phrase vous venez de dire qu’il en existe un réel ?

Cette citation illustre très bien le problème de toute technologie qui apparaît aujourd’hui. Il fut un temps où un opérateur télécom, un grand constructeur de matériel, une grande boite de logiciels pouvait décider d’une norme, un truc qui l’arrangeait bien et l’imposer au reste du monde. Tous les utilisateurs, tous les autres constructeurs et développeurs de technologies devaient s’aligner sur la position dictée par les « Grands ». C’est l’approche créationniste de la technologie : si les choses existent et sont comme elle sont, c’est parce que quelqu’un les a créées et a décidé qu’il en fut ainsi par exemple Dieu, France Télécom ou Microsoft. Mais, depuis que le monde entier est en réseau, que toutes les technologies et les industries sont devenues interdépendantes, que des masses informes de développeurs anonymes et sous-terrains (sans même un modèle économique) inventent eux aussi des technologies, que l’utilisateur a d’autres options que dire « ainsi soit-il » à toute norme décidée par un Grand, nous sommes dans un modèle Darwinien, dans un écosystème.

Pourquoi diable Nintendo construirait-il des DS avec du WIMAX dedans ? Les utilisateurs ont déjà des bornes Wi-Fi chez eux, des zones de couverture Wi-Fi se développent partout, du hotspot de l’aéroport de Windhoek Namibie à la couverture totale d’Atlanta. De la même manière, si vous devez développer un réseau, pourquoi utiliseriez vous une technologie pour laquelle il n’existe pas d’équipements terminaux, donc pas de clients. Nous sommes typiquement dans la law of increasing returns. Plus de couverture => plus d’équipements => plus d’usages => plus de couverture => plus d’équipements => plus d’usages.

Dans le fantasme des fabricants du WIMAX, un jour leur technologie sera disponible et ils diront aux possesseurs des 1 Milliard d’unités Wi-Fi (estimation Gartner pour fin 2005): « jetez vos équipements Wi-Fi et achetez du WIMAX qui coûte plus cher parce que ça nous arrange et parce que on veut vous vendre des connexions en WIMAX ». Ils diront aussi aux opérateurs : « installez du WIMAX, peu importe que vous n’ayez qu’une poignée d’utilisateurs ». Ce qui arrange les constructeurs ou éventuellement les opérateurs est de moins en moins déterminant quant à l’adoption d’une technologie. Nous avons eu très récemment l’exemple du MP3, cette norme qui n’arrangeait pas du tout les constructeurs : Sony ne voulait pas en entendre parler, Microsoft ou Apple imaginaient d’imposer leur norme, l’industrie des contenus la détestait (et la déteste encore). En très peu de temps le MP3 est devenu la norme principale d’encodage de fichiers audio présente dans tous les équipements, supportée par quasiment tous les logiciels. Qui en a décidé ? Pas Dieu. Pas Sony. Pas Microsoft. C’est une émergence spontanée. L’écosytème l’a emporté sur le microcosme.

En résumé et selon le bon sens libano/arménien: il vaut mieux créer un réseau pour des utilisateurs. Il faut faire du Wi-Fi parce qu’il y a des utilisateurs potentiels qui ont l’équipement abordable qu’il faut. Il ne faut pas faire de WIMAX parce qu’il n’y a pas d’utilisateurs équipés et qu’un éventuel équipement coûtera très cher.

On a depuis longtemps dépassé le modèle top-down du minitel :

  • crée un réseau
  • subventionne/distribue 17 millions de terminaux
  • et hop tu as un marché

(Ce modèle de développement est encore retenu de nos jours pour l’UMTS).

Ce modèle était encore concevable du temps où une technologie télécom ne concernait qu’un marché local, que le prix des services associés était très élevé et qu’il ne concernait qu’un seul type d’équipement: un minitel, un téléphone portable. Mais lorsque la technologie réseau est utilisée mondialement, que le prix pour l’utilisateur baisse et qu’elle est utilisable dans un nombre de plus en plus important d’appareils : des PC, des téléphones, des PDA, des Nintendo, des lapins, des walkman, des appareils photos et des ratons laveurs, aucun opérateur aussi Orange soit-il, ne sera suffisamment riche pour subventionner tout ni pour y trouver une rentabilité. Après tout, France Télécom qui donnait gratuitement des Minitel, n’a pas donné des PC gratuits aux abonnés de Wanadoo.

Aujourd’hui nous sommes dans un modèle bottom-up:

  • regarde ce que l’écosystème met dans les mains des utilisateurs.
  • fournis un service qui utilise cette norme.
  • ça coûte moins cher, ça va plus vite, il y a plus d’usages.

Le problème c’est que lorsqu’on a été habitué à être Maître du Monde, il est difficile de ce ranger à ce type de bon sens. Si votre puissance et vos moyens financiers ne sont plus strictement déterminants, la vie vaut-elle la peine d’être vécue ?


Le temps passe, je m’étais promis de faire court, alors je vais expédier mes autres arguments de manière lapidaire :

Du point de vue des usages

Ce n’est pas tout d’avoir une technologie, encore faut-il qu’elle ait des usages et de préférence beaucoup d’usages qui concernent beaucoup de monde. Pour ça il y a une loi statistique simple : plus on essaye de choses, plus il est probable qu’on trouve un usage vraiment killer. Plus on est nombreux à pouvoir proposer des choses, plus il est probable que l’un d’entre nous puisse découvrir, parfois par hasard ou à son corps défendant, un usage vraiment killer. Par conséquent, la technologie la moins chère, la plus ouverte, la plus facile d’accès, est celle qui permet au plus grand nombre de gens d’imaginer des usages, de les détourner, de se les approprier. L’Internet s’est construit comme ça. Aucun usage (rigoureusement aucun) de l’Internet n’est issu d’un laboratoire de R&D, d’une équipe de sociologues, d’une cellule marketing d’opérateur ou d’études de marché. Les killer applications de l’Internet (le mail, le web, le peer to peer, google, e-bay) sont tous nés dans une cave à l’initiative d’outsiders qui ne mesuraient même pas la portée de ce qu’ils étaient en train de faire. Par comparaison, l’UMTS a inventé 2 usages (deux) : télécharger un MAX de logos et de sonneries pour son portable (voir le portail Vodafone ou Orange World) et faire de la visiophonie si on connaît quelqu’un qui a aussi de l’UMTS.

Le Wi-Fi est une techno peu chère, des modules en open source pour développer des applications autour du Wi-Fi pullulent. Si vous êtes un petit génie de 19 ans dans le dortoir de votre université, il est peu probable que vous ayez les moyens de développer des usages en WIMAX (encore moins en UMTS) parce que ça coûte cher, que vous n’avez de toutes façons pas de licence et que vous n’avez comme seule perspective que de vendre votre technologie à Altitude Telecom. Avec les moyens de pauvre qui sont les vitres, vous allez le faire en Wi-Fi.

Du point de vue des parents

L’argument massue des tenants du WIMAX est : « Intel y croit ! »

Il y a encore des gens dans le monde qui pensent que si Intel ou Microsoft ou France Télécom décident de quelque chose, c’est donc ça qu’on aura. Ils vivent dans un monde facile et rassurant dans lequel il suffit de se connecter tous les matins sur Intel.com pour savoir de manière certaine de quoi l’avenir sera fait, comme une Pravda de la technologie. Intel veut le WIMAX, donc tout le monde s’écrase.

J’ai dit plus haut ce que je pensais de l’obsolescence de la vision « créationniste » des technologies et ma croyance dans les phénomènes d’émergence spontanée que même Intel doit subir. Je dirais ici simplement que si le marché du WIMAX est réduit à la possibilité de connecter des zones rurales ce marché est très marginal pour un producteur massif de puces comme Intel. Le support d’Intel pour le WIMAX est suspendu à une adoption massive du WIMAX dans des équipements terminaux : des PC, des Nintendo, des appareils photo, des téléphones. Or le 802.16 e (la version du Wimax qui pourrait aller dans des équipements mobiles) n’est pas prévue avant 2007. A ce moment là, il y aura 2,5 Milliard d’équipements Wi-Fi a remplacer par du WIMAX. Même pour Intel, la tâche est titanesque. Il n’est pas exclu qu’à un moment donné l’intérêt d’Intel pour le WIMAX retombe de par la modestie des perspectives de volume. Ceci sonnerait le glas du WIMAX forum auquel Intel est le seul à apporter une quelconque crédibilité.

Du point de vue de l'histoire

Enfin, ce qui est désespérant, c’est de voir qu’en 2005 nous ne semblons pas avoir appris grand-chose de l’histoire. Nous avons toujours cette illusion naïve selon laquelle c’est la meilleure technologie qui gagne (si tant est que le WIMAX soit une meilleure technologie). La vision de l’ingénieur prend toujours le pas sur celle du socio-économiste.

Et pourtant ce ne sont pas les contre exemples qui manquent: ce n’est pas la meilleure technologie qui gagne, c’est la technologie qui, pour une raison ou pour une autre, prolifère le plus qui gagne.

  • Windows était bien inférieur à Mac OS. Qui a gagné ?
  • Le MP3 n’est pas la meilleure techno d’encodage du son.
  • Pendant que les opérateurs essayaient de développer le WAP, le SMS, ce truc honteux de simplicité a explosé.
  • L’Ethernet était considéré comme ne faisant pas le poids contre le Token Ring.
  • L'Internet était réputé non fiable, non securisé, sans QoS, ne pouvant pas servir à quantité d’applications (la vidéo, la voix etc.)
  • Le clavier Qwerty/Azerty a été inventé précisément pour ne pas permettre aux gens de taper trop vite, mais aucun clavier plus efficace n’a pu le remplacer.
  • Le VHS a supplanté le Betamax qui était supérieur en qualité d’image mais pour lequel il y a beaucoup moins de contenus (Sony interdisant notamment qu’on fasse des films porno en Betamax).
  • Enfin, l'Homme de Cro Magnon a supplanté l’homme de Néanderthal alors que Néanderthal n’était en rien inférieur (quoi qu’aient longtemps prétendu les tenants du Cro-Magnon-race-supérieure).

Les qualités intrinsèques d’une technologie ne sont que secondaires et finissent, après coup et par nécessité par être améliorées. La prolifération prime sur la qualité, s’il n’y a pas un mécanisme efficace de reproduction, il y a bêtement extinction de la race. Dans tous les cas, c’est la techno la plus accessible, la moins chère, la plus ouverte, la plus facilement reproductible qui a proliféré (un jour je vous raconterai l’histoire de la supériorité du rat sur le mammouth).

Le Wi-Fi est typiquement dans ce cas de figure. Sous l’effet d’un malentendu, un nombre massif de gens, dans le monde entier se sont emparés de cette technologie. Cette demande massive a fait chuter ses prix à des niveaux ridicules la rendant encore plus accessible. Le Wi-Fi est une technologie épouvantable. Et alors ? A-t-on vraiment d’autre choix que de faire avec ? D’améliorer une technologie qui pullule plutôt que d’imaginer une techno « parfaite », une techno qui nous arrange, qu’il nous restera simplement à imposer à des milliards de gens ?

 

Hope this helps.

r.

 

 

 

Commentaires

mais si les PTT offraient des PC avec l'abonnement au Web ! fopaparlé kanton nikoné rien

mais si les PTT offraient des PC avec l'abonnement au Web ! fopaparlé kanton nikoné rien

vivement le wimax ;-p (si j'ai bien compris le post)

La théorie de l'évolution est perpétuée par ce digne philosophe technophile, fils spirituel de Darwin.

Pari Djanabar,
Jérémie.

je cite : "Bonjour, l'article est très intéressant cependant j'ai noté une erreur

" Après tout, France Télécom qui donnait gratuitement des Minitel""


ben non. Chez moi en bretagne, France Télécom donnait bien gratuitement les minitels au début.
Il n'ont fait payer que vers 86-87 je crois.

Nabaztag est super mignon.

Bonjour rafi,

Merci pour cet article qui m'a ouvert les yeux sur le WIMAX.

J'aime beaucoup le petit Nabaztag, que je vais rapidement offrir à ma petite amie ;-)

Je vous souhaite un développement à l'australienne, sachant que la myxomatose ne devrait pas avoir trop d'effet sur lui...

Cela fait quelques mois que je suis le parcours d'Ozone, et si vous le souhaitez, parlons de l'avenir de cette entreprise. Je conseille en ce moment le 4ème opérateur GSM suisse.

Bien à vous

Frank Levy

Bien beau tout cela, sauf que sans le wimax ma société spécialisée en VPV via le net serait encore avec 8 lignes téléphoniques servant uniquement que pour des modems RTC. ADSL impossible ici oblige !!

Donc pour l'instant c'est le top, nous travaillons plus rapidement et efficacement, et n'ai plus la crainte des 35h en voyant tout le monde partir le vendredi avec un travail à moitié fait.

Naturellement si vous nous proposer le wifi il n'y a pas de problème, j'accepte tout de suite ... bonjour la galère pour nous connecter :-)))).

Laurent.

Ceux que tu appelle les marginaux représentent tout de même 25% de la population française. Sort un peu de ton microcosme urbain et pour te convaincre de l'intérêt du Wimax, viens donc passer quelques semaines en milieu rural.

Wi-Fi c'est très bien mais c'est comme les appareils électriques. Sans possibilité de raccordement au réseau c'est totalement inutile!

Ceci dit tu rappelle certaines vérités sur les capacités réelles du Wimax et démontre très bien qu'il est inadapté au milieu urbain. Mais cesse de te regarder le nombril. Le Wimax est parfaitement adapté au milieu rural, là où la densité de population est faible et là où une connexion permanente (même à 128k aux heures de pointe) c'est le rêve absolu.

Un marché insignifiant ? 25% en France, 33% aux US, etc. Tu est resté un peu trop longtemps enfermé entre tes 4 murs de béton.

Bonjour, l'article est très intéressant cependant j'ai noté une erreur

" Après tout, France Télécom qui donnait gratuitement des Minitel"

les minitels sont loués par France Télécom et encore utilisés !!

j'ai une question, si la techno WiMax n'aura pas l'ampleur du Wi-Fi, est que l'étendu du Wi-Fi pourra combler la fracture numérique ?

Je m'explique, dans ton article tu passe très rapidement sur les avantages du WiMax par rapport au WiFi. Oui le WiFi est une techno très adaptés pour les agglomérations et le nombre d'équipements pourvu de cette techno augmente de plus en plus. Cependant sa principale faiblesse est sa faible porté.

"(le Wi-Fi ne sait pas le faire sur plus de 9 kilomètres)" oui, 9 Km sans obstacles (bâtiments, forets)

Que faire alors de son Wi Fi, si on est en zone rurale hors de porté du moindre Hot spot? (et sans ADSL bien sur ;)(Merci France Télécom...)

De plus tu dis que le WiFi s'est développé grâce a un processus viral, qu'elle n'appartient a personne(pas de licence) et quelle n'est pas chère. A contrario, tu dis que le (Pre-)Wimax, est une techno imposé par les Grands, basé sur la norme 802.16a non validée, très chère et gadget (du WiFi sur une DS et une PSP c'est gadget, je préfère surfer sur un écran en 1024*768 plutôt que sur un écran en petit*petit).

La tu vas un peu vite sur les conclusions, au départ les premiers équipements WiFi étaient hors de prix (un mensuel informatique d'octobre 2001 parle d'un routeur WiFi à 381€) puis ils se sont ensuite démocratisés.

Pourquoi est que le WiMax ne ferait pas la même chose, certes son utilisation ne sera pas comme celle du WiFi, car le je suis d'accord avec toi et je vois mal un Nintendo, un Sony ou un Intel mettre du WiMax dans ses équipements. Pour moi la techno WiMax sera complémentaire au WiFi et palliera a la faible porté du WiFi. Pourquoi ne verrait t-on pas fleurir sur les habitations des antennes WiMax-WiFi?

Au niveau de la licence, je te rejoint un peu, car rien ne m'a le plus énervé quand l'ART a décider de vendre la licence aux enchères et m'a un peu calmé quand finalement cette décision a été arrêté. Car pour L'UMTS on voit les résultats, une techno avec une licence hors de prix au mains des opérateurs de téléphonie portable qui est en train de suivre la voie du WAP.

Mais bon, je suis de très prés l'expérimentation Pre-WiMax dans L'Orne et moi j'aurais bien aimé faire le cobaye.

Pour conclure, avant de jeter la pierre au Wimax, tu devrais sortir un peu te ton ego-centrisme urbain et regarder du coté rural. le WiMax est une techno qui est en cours d'expérimentation et très attendu.

moi je crois à la 3g.... l'adsl sera "supplanté" par la 3g ou ses derivés qui permettront de brancher un portable grace à un.. mobile 3g...
et l'acces ne sera plus circonsctrit à un endroit mais à l'acessibilité de l'endroit ou on est...;
si on a un acces de 600k/sec , ce sera suffisant pour 80% de l'internet ...

pour moi l'avenir c'est : plus de ligne fixe à la france telecom avec un abonnement mensuel ridiculement élevé

bonjour Rafi,

bravo pour cet article.
Je te propose de lire ceci :
Le fiasco du WiMax
http://www.canardwifi.com/index.php?2004/10/08/734-le-fiasco-du-wimax

bonne journée
Thomas Gee

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    Voici des photos que j'ai prise à Beyrouth (Liban), plus précisément dans le quartier arménien (Bourj Hammoud). Pendant la guerre du Liban, tous les services publics faisant défaut, les libanais se sont mis à développer leurs propres infrastructures. Les rues sont toutes traversées par des câbles qui vont d'immeuble en immeuble. Ces câbles transportent (plus ou moins légalement): de l'électricité, des lignes de téléphone d'un immeuble à l'autre, des réseaux de télévision offerts par le Video Club du coin. Ces réseaux sont particulièrement fournis dans le quartier arménien où tout le monde est souvent à portée de câble d'un cousin. Ces images préfigurent pour moi ce que seraient des Personal Networks, c'est à dire la possibilité offerte à tout un chacun de créer son propre réseau pour se connecter à des membres de sa communauté. Nous sommes passés des ordinateurs centralisés à des ordinateurs personnels, nous tenons pour naturel d'avoir le pouvoir de traiter des données comme nous l'entendons sur nos PC. Les nouvelles technologies de réseau (le Wi-Fi pour ne pas le nommer) sont l'équivalent pour les réseaux de ce qu'ont été les PC dans les années 70-80. Le Wi-Fi peut remplacer les câbles qui ont été tendus dans le quartier arménien et rendre moins laide et fastidieuse l'interconnexion des gens. Imaginez les rues que j'ai photographiées avec plein de réseaux qui les strient mais de manière invisible. Imaginez surtout que toutes les rues de toutes les villes deviennent comme les rues du quartier arménien de Beyrouth, sans qu'on ait forcément besoin d'une guerre pour y arriver. r.